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From Generation to Generation - Épisode 1: La sirène veillait du haut du moulin

From Generation to Generation - Épisode 1: La sirène veillait du haut du moulin

Quand un incendie se déclarait à Koekelare, les Depreitere étaient aux premières loges.

Kristof Depreitere pointe une vieille photographie accrochée au mur.

« Regardez celle-ci. C'est une pièce unique », sourit-il.

Sur l'image apparaît la sirène des pompiers. À l'époque, les pompiers ne disposaient pas encore du système d'alerte que nous connaissons aujourd'hui. La sirène avait donc été installée sur le moulin familial, le point le plus élevé de Koekelare. Lorsqu'un incendie se déclarait quelque part dans la commune, elle retentissait pour appeler les hommes à rejoindre la caserne.

Pendant des années, cette sirène a dominé le village depuis le moulin de son grand-père.

Omer, meunier et entrepreneur

« Tout a commencé en 1935 », raconte Kristof. « C'est ici, autour du moulin, que l'histoire de notre famille a véritablement débuté. »

Son grand-père Omer était meunier. Les agriculteurs arrivaient avec leur grain, transporté en charrette tirée par des chevaux, pour le faire moudre. Le moulin était alors un lieu de passage incontournable pour le monde agricole local.

Mais Omer ne se limitait pas à la meunerie. Il travaillait également pour le Boerenbond, qui disposait déjà d'une structure d'achat et de vente destinée à soutenir les agriculteurs. Une activité qu'il menait aux côtés de son épouse Alma.

Le couple élevait quatorze enfants.

« Une famille nombreuse, c'est le moins qu'on puisse dire », sourit Kristof.

Tandis qu'Omer s'occupait des activités liées au Boerenbond, Alma gérait la caisse Raiffeisen, qui deviendra plus tard la CERA. Elle tenait un véritable bureau bancaire tout en participant à la gestion de la meunerie et de la vie familiale.

Des sacs de 80 à 100 kilos

La génération suivante a grandi dans le travail.

Sur une photo en noir et blanc, le père de Kristof apparaît avec un lourd sac posé sur les épaules.

« On aime encore le taquiner avec cette photo. Je lui demande toujours si le sac était rempli de plumes », plaisante-t-il.

Mais l'image raconte surtout une époque où tout se faisait à la force des bras.

« Les sacs pesaient entre 80 et 100 kilos. À l'époque, il n'y avait ni chariot élévateur ni gerbeur. Tout devait être porté, déplacé et chargé manuellement. »

Même la conduite demandait de l'énergie.

« Les camions n'avaient pas de direction assistée. C'était du sport au quotidien. »

Sur cette même photo figure l'oncle Daniel, qui travaillait lui aussi à la meunerie. Les sacs étaient remplis à l'aide d'un système de soutirage, puis fermés à la main avant d'être transportés chez les agriculteurs.

Une entreprise qui évolue avec son temps

Avec l'arrivée de Jef et Brigitte, les parents de Kristof, l'entreprise commence à élargir son horizon.

« Petit à petit, nous avons vu apparaître une clientèle de particuliers », explique-t-il. « Les jardins n'étaient plus seulement des espaces de production. Ils devenaient aussi des lieux de détente et d'agrément. »

Dans les années 1980, cette évolution franchit une nouvelle étape avec la construction d'un véritable magasin destiné au grand public.

« Mes parents ont fait ce choix alors qu'ils auraient tout aussi bien pu ralentir le rythme. Mais ils avaient confiance dans l'avenir et savaient que la génération suivante était prête à poursuivre l'aventure. »